De tout à propos de la souffrance

novembre 21, 2008

Ados sadiques, Lourdes, souffrances psychiques

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 5:03

Étude – Voir souffrir les autres, un plaisir pour les ados agressifs.  Jean Decety et Benjamin Lahey, dans  le journal Biological Psychology, affirment que, d’après leur étude utilisant l’imagerie cérébrale, le réflexe normal de compassion pour des personnes éprouvant de la souffrance pourrait  être perturbé dans le cerveau de certains adolescents délinquants.

Lourdes et Fatima, deux lieux de spectacle très prisés de la papauté.  Paul Villach dénonce l’exploitation de la souffrance qui a lieu, d’après lui, à Lourdes et à Fatima. Des lecteurs commentent son article, et il répond aux commentaires.

La souffrance psychique.  Monique Schneider, psychanalyste, présente une conférence de 71 minutes sur la souffrance psychique, plus particulièrement dans ses rapports avec des notions comme la dissimulation, l’amnésie, l’éloignement, l’extinction, l’anesthésie, l’insonorisation, le déni, la délocalisation… 

Le blog Sur la souffrance, jumeau de celui-ci, a été fermé le 15 novembre dernier. Les anciens articles restent en ligne, mais les nouveaux articles qui auraient pu y figurer seront plutôt publiés ici même.

janvier 30, 2008

De la Shoah à l’algonomie

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 11:10

Natalie Zajde dans son article Guérir le syndrome du rescapé (Libération.fr, 2008-01-29): « (…) après la Shoah la souffrance psychologique ne sera jamais plus singulière, subjective, individuelle – elle vient de faire irruption dans le domaine public. »

Cette observation explique probablement une part du cheminement par lequel j’en suis venu, moi que ces visions d’apocalypse ont marqué comme tout le monde, à préconiser un nouveau domaine de travail, l’algonomie, qui a pour objet la connaissance et la gestion collectives de la souffrance.

décembre 30, 2007

Quelques pensées personnelles sur ‘la souffrance et les fins dernières’

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 4:27

(Version modifiée le 10 janvier 2008) 

L’algonomie aborde la souffrance, sa connaissance et sa gestion d’un point de vue neutre. Des algonomistes chrétiens, hindouistes ou athées, par exemple, peuvent s’entendre sur ce terrain neutre, mais leurs visions des choses n’en seront pas moins foncièrement différentes. Si nous voulons travailler ensemble dans le cadre de l’algonomie, nous devons adapter au mieux nos idées les unes aux autres, en reconnaissant nos points de convergence et de divergence.

Pour moi qui suis matérialiste, une souffrance est un phénomène psychique, et comme tout autre phénomène, c’est une matière-énergie dans l’espace-temps: nous pouvons apprendre à connaître et à contrôler ce phénomène. Le psychisme émerge des organismes biologiques, qui eux-mêmes émergent des molécules et des atomes. J’ignore quelle est la véritable nature du cosmos, d’où il vient et où il va. Cette ignorance est déplorable, elle est la source de toutes nos divergences d’opinion, mais elle incite aussi à apprendre et à ne présumer de rien. Ne sachant pas grand chose, il se peut que tout dépende de ma responsabilité, pour le meilleur ou pour le pire. Alors je m’efforce d’avoir une vision saine et assainissante de l’existence. J’accorde une importance suprême à ma (ou à la) conscience, non pas à ma conscience morale ou à ma conscience réfléchie, mais à ma conscience sensible, celle qui me fait sentir tout ce que je sens, celle qui constitue le phénomène psychique le plus fondamental de tous. Je crois que les êtres sentants, les humains, les primates, les mammifères, les vertébrés, et certains invertébrés, ont tous une conscience fondamentalement identique à la mienne. Seule cette conscience donne une valeur aux choses, une valeur souvent positive, mais parfois négative. La souffrance, qui comporte le plus souvent une valeur négative, mais parfois positive, joue un rôle clé dans la conscience. 

Je pense que la grande affaire dans l’existence est la destinée des êtres sentants ou de la conscience dans l’univers. Cette destinée a commencé sur terre depuis au moins quelques centaines de millions d’années, et elle a commencé aussi, probablement, dans d’autres parties du cosmos. Je pense que chaque individu sentant cherche à assurer sa survie, sa subsistance, sa sécurité et sa satisfaction (les quatre tâches en S de la conscience dans le cosmos). Ces objectifs ne sont pas toujours compatibles, c’est pourquoi la mort, la vie, la consommation, le travail, le plaisir, la souffrance, et toutes sortes de valeurs comme la connaissance, la vérité, la justice, la beauté, etc, sont en conflit. Parfois il faut qu’une chose prédomine, parfois c’en est une autre. Je crois que nous, les humains, en tant qu’avant-garde des êtres sentants sur la terre, nous avons maîtrisé techniquement les conditions de la survie, puis de la subsistance, et que notre présente tâche est de maîtriser les conditions de la sécurité. Si nous réussissons à assurer la sécurité de tous, nous pourrons par la suite poursuivre des surplus de satisfaction sous des formes innombrables durant des millions ou des milliards d’années, puis disparaître peut-être après beaucoup de contentement.

Je trouve que nous devrions nous organiser rationnellement et travailler ensemble en tant qu’êtres sentants pour que chaque individu passé, présent et à venir connaisse une destinée cosmique optimale. Je dis chaque individu ‘passé’ parce que je crois que la résurrection future est une possibilité technique. Et je dis ‘optimale’ parce qu’il se pourrait que le mieux qu’on puisse faire soit seulement d’abréger l’inacceptable.

La souffrance est pour moi l’élément clé du sort cosmique de chacun et de tous. D’abord, l’inacceptable est à éviter de toutes nos forces, et l’inacceptable survient à chaque fois qu’un individu souffre trop. Ce trop n’est pas définissable en soi car il dépend des circonstances et des individus concernés. Pour moi cependant, dans la perspective la plus générale possible, l’univers tout entier ne devrait pas exister si un seul être devait endurer une torture éternelle: si nous ne pouvions pas anéantir l’univers, il ne resterait plus alors qu’à persister dans un effort éternel obstiné pour sauver cet être. Dans une perspective plus immédiate, je pense que nous les humains sommes à un moment de l’histoire où pour la première fois les êtres sentants peuvent s’arracher aux horreurs de la souffrance excessive: nous pouvons faire de la terre un paradis si nous nous organisons rationnellement et travaillons ensemble à établir une sécurité adéquate pour tous les êtres sentants. Sans cela, sans assurer la sécurité de tous face à la souffrance, nous risquons que le désespoir détruise notre civilisation et que nous retournions tous pour des millions d’années aux affres de l’évolution lente des espèces. C’est pour cela, je crois, que l’algonomie est à présent nécessaire. Et aussi parce que, simplement, nous voulons tous avoir une belle vie sans trop de souffrance.

août 17, 2007

Trop de souffrance pour ne pas s’en occuper algonomiquement

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 6:18

Laurent Dingli dans son blog du 14 août dresse une liste accablante des souffrances que nous infligeons aux animaux. Cette liste me ramène à l’idée que le phénomène de la souffrance est beaucoup trop étendu et multiforme pour qu’on puisse espérer le comprendre et le maîtriser sans développer un domaine d’activité spécialement consacré à sa connaissance et à sa gestion, ce que je propose d’appeler une algonomie.

Laurent parle ainsi des animaux:

 » (…) des êtres vivants que nous avons trop souvent l’ignorance et l’insensibilité de mépriser, des êtres que le droit assimile encore à des biens meubles, des êtres marchandises, instrumentalisés, maltraités aux quatre coins du globe. Dans son histoire, l’homme n’a même pas eu l’élégance et la générosité de rendre à l’animal le centième de ce que ce dernier lui avait apporté. Chiens d’avalanche ou sauveteurs en mer, compagnons de prisonniers, de personnes âgées ou d’enfants malades, ce sont les mêmes que nous abandonnons, par milliers, chaque année, attachés à des poteaux, sur le bord des routes, les oreilles parfois coupées, pour que l‘on ne puisse pas lire le numéro de tatouage et reconnaître ainsi le lâche qui les a abandonnés. Et ce sont les même que nous utilisons dans l’expérimentation animale pour améliorer nos cosmétiques… Avide, cruel et ingrat bipède ! Les animaux qui ont porté sur leur dos des générations d’hommes, les ont guidées, sauvées, habillées, nourries ; bêtes de traits, condamnées à vie, attachées à la meule, tournoyant sans fin pour moudre notre blé ou broyer nos olives ; bêtes de somme fouettées, harassées, bastonnées, aiguillonnées ; bêtes de foires, enchaînées, encagées, dressées, mutilées, pour le plaisir barbare de nos jeux du cirque, anciens et modernes, combats de coqs et de chiens, taureaux pour corridas, divertissement et traditions criminelles, bains sanglants des îles Féroé et Matanza de Sicile ; bêtes objets de nos superstition, de l’idolâtrie la plus fanatique à la diabolisation la plus effrénée, chats des Egyptiens momifiés avec leur maître ; chats noirs du Moyen Age, encloués aux portes des granges ou brûlés pour sorcellerie ; bêtes de guerre, dauphins ou chiens bardés d’explosifs, chevaux, mis en pièces par millions dans nos batailles absurdes, étalons dont les têtes et les membres étaient arrachés par la mitraille ou les boulets, haridelles éventrées à coup de baïonnettes ou gisant dans nos tranchées, animaux gelés de Stalingrad, chevaux abattus pour une patte cassée, quand la vie chosifiée ne nous était plus utile ; bête aussi de ventre et de mangeaille, oies et canards de France et d’ailleurs dont la vie se passe à être gavées, la panse massée pour que la purge pénètre vite et mieux ; chiens et chats, battus à mort en Chine pour être plus goûteux ; requins découpés à vif puis rejetés dans l’eau sans leur aileron, parce que l’équarrisseur veut aller plus vite et gagner davantage ; veaux arrachés à leur mère dès la naissance, pour passer leurs six mois de vie, seul, dans la cage exiguë des élevages industriels, à chercher le contact d’un autre être vivant, et surtout celui de leur mère, léchant pour cela désespérément les barreaux de leur infecte prison ; poulets égorgés à la chaîne pour nos fast-food, afin que des générations d’humains repus, et autres nouveaux obèses, aient l‘illusion d‘apaiser leur mal-être ou leur ennui ; vaches qu’on a rendu folles en les rendant cannibales, pour satisfaire notre monstrueuse avidité et notre matérialisme désenchanté ; volailles, entassées sans air, sans espace, sans lumière, poussins écrasés, piétinés, truies aux dents sciées, vaches à viande et vaches à lait, surexploitées avant d’être balancées en boucherie, animaux qui, s’ils sont malades de leur confinement, paieront cher notre propre faute en étant massacrés par millions, gazés dans des sacs, à la chaîne, de la même manière expéditive et froide avec laquelle on les avait destinés d‘abord à nos assiettes ; bêtes cobayes, torturées pour expérimenter les effets toxiques de nos rouges à lèvres et de nos pommades bronzantes ; bêtes médicaments, ours dont la bile est extraite à vif, toujours en Chine, avec une cruauté inouïe, corne de rhinocéros et vie de tigres pour vieux pénis qui bandent mou ; bêtes d’habillement, visons, martres, phoques du Canada assommés par millions, traînés par des pics à glace, puis écorchés sur place, pour draper la poule de luxe ou la mémère en vadrouille ; bêtes encore trop souvent transportées dans des conditions infâmes, crevant dans la chaleurs des camions et agonisants dans leurs propres excréments… »

juin 21, 2007

Pourquoi penser à la souffrance

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 7:55

« Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser : c’est tout ce qu’ils ont pu inventer pour se consoler de tant de maux. Mais c’est une consolation bien misérable, puis qu’elle va non pas à guérir le mal, mais à le cacher simplement pour un peu de temps, et qu’en le cachant elle fait qu’on ne pense pas à le guérir véritablement. »

Blaise Pascal, Pensées http://abu.cnam.fr/cgi-bin/donner_html?penseesXX1

juin 6, 2007

Après Info-Santé, voici Info-Social!

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 9:35

Une autre bon pas vers un réseau universel intégré de services pour répondre à la souffrance…

De http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2007052876 :

1er juin 2007 – Les Québécois vivant des situations psychologiques ou sociales difficiles pourront compter sur un nouveau service de consultation téléphonique pour trouver de l’aide. Info-Social, qui sera étendu à toute la province, devrait être implanté à la fin de l’année 2007. (…) Le service téléphonique sera destiné à toute personne aux prises avec un problème psychosocial, quelle qu’en soit la nature : violence, agression sexuelle, toxicomanie ou dépendance, problèmes familiaux ou conjugaux, idées suicidaires, déficience intellectuelle, pour ne citer que quelques exemples. « Peu importe votre âge et votre situation personnelle, Info-Social sera là pour évaluer vos besoins, vous donner des conseils ou des renseignements, vous orienter vers les services les plus appropriés et, s’il y a lieu, enclencher une intervention d’urgence », explique Annie Poirier.

février 14, 2007

Entre la souffrance et la personne : des idées de M. Calay essentielles à la gestion algonomique.

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 12:57

Le 8 février dernier, je terminais dans ce blog un billet intitulé Ce que dit un habitué de la souffrance extrême avec une question à laquelle M. Calay a bien voulu répondre, et de magnifique façon. Je reprends ici la question et sa réponse.

Question pour l’auteur de ce texte, M. François Calay : qu’est-ce donc qui détermine la différence [devant la souffrance] entre l’écrasement négatif de soi et la transformation positive de soi? Est-ce un seuil qui se trouve dépassé dans la souffrance ou bien un ‘faire face’ à la hauteur duquel on n’atteint pas dans le soi? 

Bonjour Monsieur Daoust,

En réponse à votre question reprise dans votre blog, je dirais ceci :

Le problème consiste à ne pas se laisser envahir par sa douleur. Si celle-ci prend trop de place, elle va devenir psychiquement obsessionnelle et va augmenter physiquement, car les membres endoloris vont se crisper et donc faire encore plus mal. C’est un cercle vicieux qui amène à un état complet de désastre physique et de désespoir psychologique.

Je crois qu’il y a deux composantes au problème :

– la composante purement physique : lorsque je suis épuisé physiquement, je n’ai plus de force de réaction. Cela peut arriver suite à des efforts trop importants, des insomnies nocturnes, une mauvaise hygiène de vie, une maladie, etc.

– la composante psychologique : si je suis psychologiquement affaibli, je ne vois plus comment réagir, je suis submergé par l’idée de l’effort à faire, je n’ai pas de courage et pas d’issue non plus. Cela peut se produire à tout moment de la vie, personne n’est épargné par rapport à ce genre de choses .. 

Il y a donc une sorte de réaction qui est absolument nécessaire pour avoir le tonus minimum qui me maintient au dessus de la limite minimale.

Cette réaction peut provenir de deux origines :

– soit de l’intérieur de moi : je réagis par fierté personnelle, par besoin de valorisation, par résilience, par défi vis à vis de moi-même

– soit de l’extérieur : je réagis par amour de ma famille, de mon conjoint, de mes enfants, je choisis de vivre même avec souffrance, mais pour pouvoir exister parmi ceux que j’aime ou ceux qui me donnent une raison de vie

Le problème, c’est que lorsqu’un des éléments nécessaire à la réaction disparaît, par exemple lors d’une crise de couple, lors de difficultés avec les enfants, ou suite à des échecs professionnels (fierté), la réaction peut disparaître en même temps, et sil n’y a plus cette force de réaction, l’envahissement de la douleur peut alors se produire à nouveau.

Les personnes vivant suivant ce système sont comme des équilibristes permanents. Les cycles d’oscillation entre l’un et l’autre état peuvent varier, selon les individus et les circonstances, de plusieurs jours à plusieurs années. Moi personnellement j’ai des cycles d’environ 5 ans : 5 ans de tonus, de fureur de vivre,etc, suivis de 5 ans de découragement, de survie, d’envahissement de la douleur, puis un déclic se fait et je remonte dans la fureur de vivre pour les 5 ans qui suivent, et ainsi de suite.

Je crois aussi que l’on est écrasé par une souffrance à laquelle on n’a pas donné de signification, elle est encore plus difficile à supporter. Il y a donc là un travail psychologique ou spirituel à accomplir, qui allègera fortement la charge de souffrance que l’on porte.

Il existe aussi des techniques psycho-corporelles qui peuvent aider considérablement : ‘dialoguer’ avec ses organes douleureux, les caresser, se réconcilier avec eux, les aimer.

Enfin, il y a moyen de trouver beaucoup de réconfort dans des groupes de personnes qui ont la même maladie, les mêmes souffrances. Savoir qu’on n’est pas seul à souffrir, rencontrer d’autres personnes dans le même cas, cela change complètement la vision des choses et procure un immense soutien.

Voilà quelques idées, rassemblées depuis que vous m’avez posé la question. Vous pouvez les diffuser dans le blog à votre guise.

Bien amicalement.

François Calay, calay@spray.se

13/02/2007

février 9, 2007

Suicide et souffrance

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 12:11

Dans le journal Le Devoir aujourd’hui : « Libre opinion: Et si le suicide n’était pas une option ?« . En voici des extraits.

« (…) Chaque jour au Québec, quatre personnes se suicident. C’est énorme! Nous pensons qu’une partie de la solution à ce problème est entre nos mains, nous les citoyens qui composons cette collectivité. Nous croyons qu’il est temps de dire à ceux qui souffrent et à tous ceux qui les entourent que le suicide n’est pas la réponse à leur souffrance. (…) les recherches sur le suicide nous apprennent qu’il y a équivoque, que cette quête de la mort exprime plutôt un désir profond d’arrêter de souffrir. Voilà l’essentiel! En s’enlevant la vie, la personne désire avant tout tuer sa souffrance. (…) Nous pensons qu’est venu le moment d’affirmer à ceux qui souffrent, à leur entourage et aux membres de notre collectivité que le suicide n’est pas une option. (…) Nous croyons fermement qu’il faut agir collectivement. N’attendons pas passivement que les gouvernements ou d’autres organisations éliminent seuls le problème du suicide. C’est une utopie! Comme citoyens, nous sommes tous responsables. Et nous devons agir. »

Très bien! Le suicide n’est pas la réponse à la souffrance. Mais c’est quoi, alors, la réponse à la souffrance? Oui, nous devons agir collectivement, mais simplement affirmer que la mort n’est pas un choix me semble une petite réponse négative qui est loin d’aller assez loin. Je suggère carrément que nous nous occupions tous de la souffrance, que nous fassions chacun notre part d’une manière rationnellement organisée, que nous inventions donc un cadre collectif d’activité ayant pour objet la souffrance elle-même, ce qu’on pourrait appeler une algonomie.

février 8, 2007

Ce que dit un habitué de la souffrance extrême

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 11:47

http://www.calay.be/souffrance.php :

(…) Quand j’éprouve de la souffrance, que celle-ci soit d’origine physique, psychologique, affective ou spirituelle, ce qui souffre ce n’est pas mon corps, ni mon esprit, ni mon coeur, ni ma psyché pris isolément .
En réalité ni la douleur ni la souffrance n’existent, ce sont là des abstractions.

« Ce » qui souffre, c’est moi.

Ce qui est dramatique, c’est qu’en elle-même la souffrance n’a pas de sens. Elle a uniquement le sens que je lui donne dans ma façon de la vivre.
Un des sens de la souffrance, serait-ce de la traverser ?
Ne serait-ce pas aussi la souffrance qui casse mon orgueil et me rappelle que je ne suis pas invincible ?

Lorsque je souffre, deux possibilités s’offrent à moi :
– soit je me laisse écraser et même détruire par cette souffrance,
– soit je m’en sers comme tremplin pour passer à une nouvelle étape de croissance, physique, psychologique, affective ou spirituelle.

L’étymologie du mot « souffrance » est d’ailleurs très intéressante :
le mot souffrance vient de deux mots latins : le préfixe « sub » qui signifie « en dessous » et le verbe « ferre », qui signifie « porter ».
Le mot représente donc l’image d’un support, qui porte tout ce qui se trouve dessus.

Une chose importante, c’est d’accepter et d’accueillir ma souffrance (ne pas la nier ni vouloir la chasser), car c’est cela qui me donne le droit d’être soulagé.
Celle-ci peut alors devenir féconde, elle devient sensibilité à la vie, sensibilité aux autres, elle devient compassion.
Aussi curieux que cela paraisse, faire face à ma souffrance la transforme et peut me transformer.

Malheureusement, mon seuil de douleur physique est trop souvent dépassé. Survivre sans douleur est alors ma seule préoccupation.
On peut donc considérer dans ce cas que je suis ‘écrasé’ par ma souffrance.

Mais si la souffrance reste en-dessous de ce seuil, il peut se passer des choses étonnantes et très belles : je suis alors capable d’avoir un contact, une écoute, une ouverture vers autrui, une véritable compassion pour l’autre …

http://www.calay.be/souffrance.php

Question pour l’auteur de ce texte, M. François Calay : qu’est-ce donc qui détermine la différence entre l’écrasement négatif de soi et la transformation positive de soi? Est-ce un seuil qui se trouve dépassé dans la souffrance ou bien un ‘faire face’ à la hauteur duquel on n’atteint pas dans le soi?

Citation du jour

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 10:27

Dans les coulisses du Prix de Lausanne en danse :”Va-de-l’avant et prends du plaisir! –Même dans cette souffrance extrême? –Oui, parce que c’est une noble souffrance!”

http://www.24heures.ch/vqhome/edition/ls/prix_de_lausanne_050207.edition=ls.html

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