De tout à propos de la souffrance

décembre 30, 2007

Quelques pensées personnelles sur ‘la souffrance et les fins dernières’

Filed under: Uncategorized — robertdaoust @ 4:27

(Version modifiée le 10 janvier 2008) 

L’algonomie aborde la souffrance, sa connaissance et sa gestion d’un point de vue neutre. Des algonomistes chrétiens, hindouistes ou athées, par exemple, peuvent s’entendre sur ce terrain neutre, mais leurs visions des choses n’en seront pas moins foncièrement différentes. Si nous voulons travailler ensemble dans le cadre de l’algonomie, nous devons adapter au mieux nos idées les unes aux autres, en reconnaissant nos points de convergence et de divergence.

Pour moi qui suis matérialiste, une souffrance est un phénomène psychique, et comme tout autre phénomène, c’est une matière-énergie dans l’espace-temps: nous pouvons apprendre à connaître et à contrôler ce phénomène. Le psychisme émerge des organismes biologiques, qui eux-mêmes émergent des molécules et des atomes. J’ignore quelle est la véritable nature du cosmos, d’où il vient et où il va. Cette ignorance est déplorable, elle est la source de toutes nos divergences d’opinion, mais elle incite aussi à apprendre et à ne présumer de rien. Ne sachant pas grand chose, il se peut que tout dépende de ma responsabilité, pour le meilleur ou pour le pire. Alors je m’efforce d’avoir une vision saine et assainissante de l’existence. J’accorde une importance suprême à ma (ou à la) conscience, non pas à ma conscience morale ou à ma conscience réfléchie, mais à ma conscience sensible, celle qui me fait sentir tout ce que je sens, celle qui constitue le phénomène psychique le plus fondamental de tous. Je crois que les êtres sentants, les humains, les primates, les mammifères, les vertébrés, et certains invertébrés, ont tous une conscience fondamentalement identique à la mienne. Seule cette conscience donne une valeur aux choses, une valeur souvent positive, mais parfois négative. La souffrance, qui comporte le plus souvent une valeur négative, mais parfois positive, joue un rôle clé dans la conscience. 

Je pense que la grande affaire dans l’existence est la destinée des êtres sentants ou de la conscience dans l’univers. Cette destinée a commencé sur terre depuis au moins quelques centaines de millions d’années, et elle a commencé aussi, probablement, dans d’autres parties du cosmos. Je pense que chaque individu sentant cherche à assurer sa survie, sa subsistance, sa sécurité et sa satisfaction (les quatre tâches en S de la conscience dans le cosmos). Ces objectifs ne sont pas toujours compatibles, c’est pourquoi la mort, la vie, la consommation, le travail, le plaisir, la souffrance, et toutes sortes de valeurs comme la connaissance, la vérité, la justice, la beauté, etc, sont en conflit. Parfois il faut qu’une chose prédomine, parfois c’en est une autre. Je crois que nous, les humains, en tant qu’avant-garde des êtres sentants sur la terre, nous avons maîtrisé techniquement les conditions de la survie, puis de la subsistance, et que notre présente tâche est de maîtriser les conditions de la sécurité. Si nous réussissons à assurer la sécurité de tous, nous pourrons par la suite poursuivre des surplus de satisfaction sous des formes innombrables durant des millions ou des milliards d’années, puis disparaître peut-être après beaucoup de contentement.

Je trouve que nous devrions nous organiser rationnellement et travailler ensemble en tant qu’êtres sentants pour que chaque individu passé, présent et à venir connaisse une destinée cosmique optimale. Je dis chaque individu ‘passé’ parce que je crois que la résurrection future est une possibilité technique. Et je dis ‘optimale’ parce qu’il se pourrait que le mieux qu’on puisse faire soit seulement d’abréger l’inacceptable.

La souffrance est pour moi l’élément clé du sort cosmique de chacun et de tous. D’abord, l’inacceptable est à éviter de toutes nos forces, et l’inacceptable survient à chaque fois qu’un individu souffre trop. Ce trop n’est pas définissable en soi car il dépend des circonstances et des individus concernés. Pour moi cependant, dans la perspective la plus générale possible, l’univers tout entier ne devrait pas exister si un seul être devait endurer une torture éternelle: si nous ne pouvions pas anéantir l’univers, il ne resterait plus alors qu’à persister dans un effort éternel obstiné pour sauver cet être. Dans une perspective plus immédiate, je pense que nous les humains sommes à un moment de l’histoire où pour la première fois les êtres sentants peuvent s’arracher aux horreurs de la souffrance excessive: nous pouvons faire de la terre un paradis si nous nous organisons rationnellement et travaillons ensemble à établir une sécurité adéquate pour tous les êtres sentants. Sans cela, sans assurer la sécurité de tous face à la souffrance, nous risquons que le désespoir détruise notre civilisation et que nous retournions tous pour des millions d’années aux affres de l’évolution lente des espèces. C’est pour cela, je crois, que l’algonomie est à présent nécessaire. Et aussi parce que, simplement, nous voulons tous avoir une belle vie sans trop de souffrance.

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